Après des mois d’incertitudes et
d’interrogations pour les salariés, mais également pour les élus et toute la
population, l’annonce d’un nouveau véhicule à l’horizon 2016 constitue la
meilleure nouvelle que nous puissions entendre.
Cette annonce était d’autant
plus indispensable qu’elle arrive à quelques semaines d’un changement de
direction à la tête du Groupe. Elle sera bien évidemment chargée de relancer
une entreprise durablement confrontée à la crise économique. Au-delà des nombreuses
péripéties des semaines passées, nous allons certainement connaître des
évolutions notoires de stratégie avec l’arrivée de nouveaux actionnaires, tel
que la presse en fait état depuis des semaines. Chacun en conviendra, aucune
restructuration n’est à exclure avec l’arrivée d’un nouveau dirigeant dont on
comprendra qu’il prenne des décisions « fortes »… D’ici là, l’annonce
de la construction d’un nouveau véhicule à la Janais (la remplaçante de la Peugeot 5008 aujourd’hui fabriquée à Sochaux) va nécessiter des investissements bienvenus pour
adapter la ligne de fabrication à des modèles plus en phase avec le marché
européen. En ce sens, c’est déjà un signe très positif pour assurer la pérennité
de l’usine ; au moins à échéance de 6 – 10 ans.
Quelque peu rassurés, nous
ferons tout ce qui est de notre responsabilité pour que l’ensemble des acteurs
de la filière automobile d’Ille et Vilaine puisse maintenant s’inscrire dans
une nouvelle dynamique. A cet égard, il est indispensable que les
établissements locaux disposent de plus de latitude dans leurs choix
industriels, même s’ils restent pour la plupart d’entre eux dépendants de
grands groupes dont les centres de décision ne sont hélas pas (ou plus…) dans
la région. Forts de notre tissu économique diversifié et de nos compétences
acquises, nous devons inlassablement démontrer que notre territoire Chartrain,
Rennais et Brétillien est toujours en mesure de s’adapter pour préparer l’avenir.
C’est d’autant plus
indispensable de s’engager dans une telle direction qu’il y a manifestement un
bémol à retenir ; ou formulé de manière plus positive : « un
défi à relever ».
En effet, l’actuel véhicule C5
qui symbolisait plus que toute autre fabrication à la Janais le savoir-faire
historique de Citroën en matière d’innovation et de qualité, n’aura pas de
successeur. En outre, le restylage de la Peugeot 508 qui était initialement
programmé fin 2013 est reporté d’un an (fin 2014)… Au-delà même de 2016, les
volumes de fabrication annoncés ne permettront certainement pas de revenir
au-dessus du seuil fatidique de 150 000 véhicules par an si le contexte
économique européen, voire mondial perdure dans la stagnation. Il est donc
impératif que dans le cadre de nouvelles alliances industrielles, La Janais
retrouve d’autres programmes de fabrication. C’est une condition essentielle
pour garder une usine dont le potentiel ne doit pas être inférieur à celui
d’aujourd’hui si nous voulons subsister dans une économie aussi ouverte à
l’international. Il en va très clairement de la pérennité du site et de toute
la filière automobile d’Ille et Vilaine. Depuis des mois, nous étudions et
analysons toutes les hypothèses pour trouver des solutions. Nous n’avons pas
l’intention de nous en arrêter là.
Notre seul objectif reste de consolider
le pôle d’excellence automobile Chartrain et Brétillien dans l’intérêt de
l’emploi et de la dynamique sociale de toute la région, comme bien évidemment
de notre commune.
Philippe Bonnin,
Maire de Chartres de Bretagne,
Vice président du Conseil
Général d’Ille et Vilaine,