Mesdames et Messieurs : chers acteurs
associatifs, bénévoles engagés dans les multiples activités chartraines ;
responsables économiques, représentants d’institutions et des services publics
de l’Éducation Nationale, de la Gendarmerie Nationale, des moyens de secours
départementaux ; Mesdames et Messieurs les membres des instances de l’aide
sociale et des solidarités, chers élus, anciens élus, élus voisins et amis
chartrains, je salue votre présence qui nous honore en cette soirée ; une
soirée qui ouvre une nouvelle page : celle de l’année 2026.
Nous vous
adressons des vœux de bonne année ; des vœux de bonne santé, des vœux pour
tout ce qui contribue à la qualité de la vie dans notre commune ; nos
communes. Qualité de notre vie sociale … sans jamais négliger la qualité
de la dynamique économique dont découlent nos ressources et moyens communs ;
des moyens partagés pour assurer les meilleures conditions d’exercice des
services publics quand nous parlons des pratiques culturelles, sportives,
associatives et tant d’autres activités. Je n’oublie pas nos projets fédérateurs
autour de la nature ; de tout ce que représente la vie biologique. Je
n’oublie bien sûr nullement nos projets dédiés aux champs de la
solidarité … des projets qui font société ; sans exclusive.
J’adresse également
tous mes vœux aux personnes qui n’ont pu se joindre à nous.
Ce soir, je ne procéderai pas à la présentation
de toutes nos réalisations achevées, celles en cours, et d’autres en projet.
Vous venez d’en avoir une illustration très explicite, qualitative avec le
diaporama qui vient de vous être présenté. Pour autant il est opportun de vous
dire que toutes ces réalisations et activités contribuent aux mêmes objectifs :
nous tenir aux côtés des enfants, des familles, des jeunes, des aînés. Nous
sommes également à l’écoute de toutes celles et ceux qui travaillent ici,
proche de nous et plus largement dans notre bassin de vie ; le bassin d’emploi
rennais. Nous agissons pour faire en sorte que toutes les personnes qui recherchent
une insertion, une formation, un emploi de qualité, ou réfléchissent à leur futur
projet puissent trouver les bonnes réponses souhaitées. Dans ce but, nous
sommes attentifs aux initiatives de tous les acteurs de l’économie et nous
exerçons autant de fois que nécessaire notre rôle de médiation en les
accompagnant au cours de leurs études et recherches pour s’implanter
et / ou se développer.
En ce qui concerne les services rattachés à
la commune ; ce sont des missions que nous-nous faisons forts de proposer
et de faire évoluer. En ce qui concerne les locaux, nous les adaptons,
aménageons, agrandissons et même, autant que nécessaire nous en créons de
nouveaux ; qu’il s’agisse des espaces éducatifs, sportifs, culturels ou
associatifs.
Pour tous les partenaires des secteurs et
services sociaux qui interviennent sur notre territoire, nous coopérons au
mieux avec chacun d’eux, et les accompagnons dans leurs métiers et missions.
Pour cela, nous améliorons nos lieux dédiés
à la solidarité ; entre autres pour le soutien aux personnes confrontées à
l’avancée dans l’âge, ou contraintes par la santé, voire le handicap.
Naturellement la différence doit être reconnue et accompagnée. Ainsi, chacun
doit pouvoir trouver sa place dans le cadre de projets réfléchis et concertés.
Tous nos projets se doivent d’être
fédérateurs avec cet objectif de faire grandir la cité, … toutes nos cités
et territoires dans leur diversité.
Notre
engagement : c’est de nous en tenir aux meilleures dispositions pour
donner du sens à ce que nous convenons tous d’appeler le « vivre ensemble ».
Assurément, ce ne sera pas sans porter collectivement une authentique ambition humaine
et sociale, digne de ce que sont nos valeurs, et j’insiste : humaines ;
des qualités en opposition aux postures qui confortent l’entre-soi ; que
nous parlions des communes, et ceci même jusqu’aux échelons des États. Pour
nous, les replis sociétaux sont terriblements préjudiciables, voire plus,
néfastes … À l’extrême, ils réduisent les libertés, et l’incapacité à
faire société …
Contribuons
ainsi à faire avancer le Monde ; ce Monde qui a tant besoin de se
régénérer, voire plus encore : de se refonder en ces heures d’expectative absolue
quant à son avenir.
Dans ses « Lettres
de prison » écrites durant les années 1920-1930, Antonio Gramsci
écrivait : « Le vieux Monde se
meurt, le nouveau tarde à apparaître et dans ce clair-obscur surgissent les
monstres » … Qui peut souhaiter l’effacement de nos idéaux républicains
et par conséquent de la démocratie jusqu’à ce qu’on remette en cause les droits
humains ? Dans son roman « La Peste », Albert Camus écrivait en
1947 : « quand une démocratie
est malade, le fascisme vient à son chevet ». Et enfin, dans la même
lignée des grands humanistes du XXème siècle, permettez moi de citer
également les propos tenus par Robert Badinter, le 20 mars 1984 dans la cité
marseillaise : « Le
fascisme ne se lève pas dans les pays développés comme la tempête en une nuit.
Il est d'abord rampant, dissimulé, ordinaire. Il progresse par les mille voies
de la haine, avivée par les difficultés économiques. Il s'empare des cœurs
avant de pervertir les esprits, puis de prendre le pouvoir ».
Voici un an,
je revenais sur les interminables crispations politiques ; plus
précisément parlementaires. Ceci dans le contexte de la tournure incertaine que
prenait l’économie française, entraînant par voie de conséquence le
déséquilibre de nos finances publiques, toujours proches d’abysses incommensurables.
12 mois plus tard, il nous faut constater que les changements ne sont toujours
pas au rendez-vous. Ainsi, pour la seconde année consécutive, l’absence
d’accords à l’Assemblée Nationale nous renvoie aux constats de reports d’inscriptions
budgétaires, sans fil conducteur … et avec quel sens, perspectives et
projets ?
Croyez-moi,
Mesdames et Messieurs, chers amis, en quelques 31 années d’exercice de ma
fonction de Maire à Chartres de Bretagne, j’ai acquis une certaine connaissance
de ce que sont les effets des politiques sans lignes directrices …
autrement dit « au fil de l’eau » …
Pour 2026,
la version du budget pour la France sera de nouveau la résultante d’un cocktail
de compromis de telle manière que nous n’avancerons qu’en mode dégradé ;
un mode dégradé produisant toujours plus de dette, et toujours plus de
contraintes pour nos collectivités devant faire encore mieux avec moins.
Pour autant
et au regard du contexte économique international, nous ne devons certainement pas
baisser les bras.
Après quarante années d’une mondialisation
de l’économie, qualifiée avec moult réserves : « d’heureuse »,
est-ce l’heure de nous interroger sur la fin d’un modèle qui d’ores et déjà
nous impose la recherche de nouvelles orientations ? En ce qui me
concerne, je vous répondrai bien évidemment oui.
Nous avons vécu les délocalisations massives
des fonctions productives en direction de pays aux faibles coûts sociaux ;
là où le laxisme en matière de protection environnementale atteignaient les limites
du soutenable … À ce stade extrême, nous sommes entrés dans la phase la
plus critique de ce nous appelons l’anthropocène (),
cette ultime ère paléo-géologique. Indéniablement, elle se traduit par un
processus d’altération planétaire aggravé. Nous en mesurons les effets au gré tout
au plus des décennies, alors que les changements majeurs, ou extinctions en
études paléontologiques s’évaluent en dizaines de millions d’années. Or, ces
processus surviennent en concomitance avec des bouleversements géopolitiques d’ampleur
qu’il est bien difficile d’appréhender sereinement. Une telle concomitance n’est
pas le fait du hasard … Nous n’avons pas terminé d’en mesurer toutes les incidences
telles que : les évènements climatiques incontrôlés, l’épuisement des
ressources, les famines et migrations, les conflits aux enchaînements dramatiques,
le déni des règles du droit international, pourtant embryonnaire ...
La coïncidence entre les actuelles crises et
le sabordage tant économique, que géopolitique et démocratique des États-Unis
d’Amérique ne font qu’accélérer les processus de délitement sociaux en cours …
Ils nous interpellent. Ils laissent l’Europe face à ses responsabilités. À ces
préoccupations essentielles, je souhaiterais citer deux économistes étasuniens
de renom. Suivant leurs point de vue, l’Europe sous-estime ses capacités
propres à s’organiser ; à se prendre en main et s’affirmer pour jouer un
rôle de référent, de leadership en vue d’échéances qui s’avèrent proches. Il
s’agit d’Adam Posen, Président d’un cercle de réflexion : « L’institut Peterson d’études sur l’économie Internationale » et Joseph Stiglitz, Nobel d’économie 2001,
Professeur à l’université Columbia. ce sont deux personnalités avisées et
critiques à l’égard de la politique économique incohérente, irréaliste des
États-Unis … et concernant nos deux macro-économistes jusqu’à dire que
Donald Trump tire une balle dans le pied de l’économie américaine …
Que nos dirigeants européens les
entendent ! Il s’impose que l’Europe sache se réinventer, s’unir pour se
refonder avec une gouvernance réformée et affirmée. Elle doit enfin exister sur
la scène internationale en sa qualité d’entité institutionnelle au même titre
que tous les autres États du Monde.
À
notre modeste mais bien concrète échelle, quelle sera notre dynamique
économique pour demain ?
Certes, parler de dynamique économique
lorsque les données statistiques s’avèrent pessimistes reste quelque peu
illusoire. Le recul du pouvoir d’achat et des investissements productifs, le
déficit commercial, l’endettement et le chômage en hausse ; sans oublier
la transition écologique incertaine … ce sont autant de données qui
alimentent un climat social déprimé. En outre, la démultiplication des actes de
désinformation, de manipulations, de mensonges ainsi que la radicalité des
comportements amplifient cette perception d’impasse. Ce n’est plus seulement de
sursaut qu’il nous faut parler, mais d’une approche plus stratégique et
cohérente de l’économie réelle pour établir, fonder de vrais projets d'avenir
et durables ; des projets audacieux et qui, certes doivent s'exonérer des
logiques de profitabilité à court terme.
D'aucun me dira que c'est une gageure...
Pourtant, c'est bien ainsi que s'est reconstruit le monde d'après guerre.
Notre industrie Chartraine en est une héritière
emblématique ; un exemple.
Puisque j’ai maintenant quelques années
derrière moi, je puis vous dire que Schuman, Monnet, Pleven, Martray, Halléguen
en sont les pères fondateurs par leurs actions déclinées depuis l’échelle
européenne, nationale, et jusqu’au local. Ils méritent toute notre
reconnaissance. Il s’agit bien de cette belle épopée de toute notre histoire
industrielle automobile des années 1960 à aujourd’hui.
La restauration de l’économie productive sur
des bases nouvelles ne se décrètera pas si facilement. Elle va devoir se
structurer et s’organiser sur un temps long. En effet, il faut d’abord
retrouver un consensus clair pour mobiliser toutes les compétences des acteurs
de notre écosystème territorial. En cela, notre commune doit et peut être un
exemple, une plateforme, un socle des possibles ; entre autres avec nos
grands acteurs industriels, déjà en phase avec une telle approche stratégique :
Schneider-Electric, Stellantis, Suez, Joncoux, Safran qui arrive ; les
opérateurs du ferroviaire, Sopra-Stéria et tous les services à l’industrie …
C’est dans cette configuration d’enjeux de développement indispensables que pourra
se dégager notre horizon au-delà de 2030. De même, il conviendra que nous
reprenions très vite une politique dynamique d’accueil et par conséquent d’habitat
en synergie avec les emplois productifs et de services déjà créés et à venir
sur la commune et toutes ses voisines. En ce sens, notre approche est
parfaitement conforme à nos futurs objectifs intercommunaux métropolitains,
mais avec cependant l’accord essentiel sur une vision stratégique et
consensuelle de l’économie productive et hautement digitalisée ; ce nouveau
champ majeur et incontournable, alors que nous sommes au cœur même du défi de
la compétitivité internationale et d’enjeux quant à l’assurance de notre
souveraineté territoriale ; nationale. C’est une question existentielle.
Il faut qu’elle soit entendue et comprise.
Mesdames et Messieurs, chers amis, malgré
les contraintes, les évolutions si rapides, l’adversité récurrente liée aux crises
et mutations, nos agents communaux et intercommunaux ont su répondre pour le meilleur
service attendu et bien sûr le développement de la ville, je les remercie en
toute sincérité. Ce sont nos alliés, comme tous les agents de l’État, Monsieur
le Secrétaire Général de la Préfecture d’Ille et Vilaine. Comme vous le faites
en direction de toutes les communes de l’arrondissement de Rennes, vos
collaborateurs veillent et nous conseillent.
En notre qualité de commune atypique s’il en
est une de par son économie si particulière, je sais l’importance de votre
écoute, de celle de la direction des finances publiques, ainsi que de Monsieur le
Préfet. Soyez en honorés. Vos qualités nous sont infiniment précieuses.
Nos remerciements s’adressent à vous tous,
chers partenaires : de l’immobilier jusqu’aux services, ainsi que de l’industrie.
Ensemble vous relevez les défis du redressement du pays.
Gardons confiance en l’avenir avec toute la
lucidité qui s’impose dans un Monde qui nous oblige. Soyons réactifs et novateurs.
Restons solidaires et volontaires.
Très bonne année à tous.
Philippe
Bonnin, Maire
de Chartres de Bretagne
« La
promesse et l’ambition de ne pas répéter les erreurs qui ont conduit à la
tragédie de la seconde guerre mondiale, a façonné pendant des décennies les
institutions internationales et la politique de sécurité. Mais aujourd’hui,
l’influence de cette histoire s’estompe. Face aux multiples urgences, il n’est
pas surprenant que l’Occident soit confronté à son plus grand défi depuis des
décennies. Un défi qui se heurte au sentiment d’épuisement civilisationnel dont
nos adversaires ont pris conscience, convaincus que leur heure est venue ».
Ce sont des extraits de propos tenus par
Radoslaw Sikorski, Ministre des affaires étrangères de la Pologne. « Le
Monde » du 28 décembre 2025.
- Période la
plus récente du quaternaire, qui succède à l'holocène, et caractérisée par les
effets directs de l'activité humaine sur la planète.