mercredi 3 février 2016

Développement durable : Passer du discours aux actes.



  Val de Seiche et d’Ise
Les membres du syndicat intercommunal d’assainissement Val de Seiche et d’Ise se sont réunis le 15 décembre dernier pour valider le dernier compte administratif.
L’excédent de fonctionnement et d’investissement transféré à Rennes Métropole s’élève à 3 millions d’euros. Sans la dissolution intervenue dans le contexte de la métropolisation (loi Maptam), le chantier de l’extension de la station d’épuration Val de Seiche et d’Ise aurait été engagé tel que programmé fin 2014.

Au-delà de l’extension des capacités de traitement des eaux usées de 30 à 50 000 équivalent-habitants, les élus du syndicat avaient décidé à l’unanimité d’un projet de valorisation énergétique des boues d’épuration via la méthanisation. Ces boues auraient été associées avec d’autres produits d’origine végétale pour obtenir une meilleure concentration des substances carbonées fermentescibles. Il s’agit de produits riches en amidon et cellulose ; tous collectés dans les communes membres ([1]). De même, il était projeté de récupérer les déchets alimentaires biodégradables dans les différents lieux de restauration collective et cuisines centrales présentes sur le territoire de Val de Seiche. Le projet avait fait l’objet d’une validation définitive à l’issue de la mission confiée à l’Institut National de Recherche en Sciences et Technologies pour l’Environnement et l’Agriculture (l’IRSTEA). Fin 2014, nous en étions à la préparation de l’engagement du marché de travaux.
2015 aura donc été une année sans avancée nouvelle en ce qui concerne un projet qui relevait pourtant de questions environnementales de tout premier plan et qui plus est d’actualité avec la Conférence de Paris sur le Climat.
 La fin du plan bois énergie Conterie - Val de Seiche.
En ce qui concerne le plan bois énergie qui associait Val de Seiche et le syndicat intercommunal de la piscine de la Conterie, fin 2013 il avait été mis en terre 11 000 plants de saules à croissance rapide dans la parcelle de 3 hectares en contrebas de la station et dont 2 HA sont localisés en zone humide. Cette prairie permanente avait été acquise par le syndicat d’assainissement en 2002. Au-delà de la production de biomasse ligneuse valorisée dans le cadre de notre politique de mobilisation des énergies renouvelables avec la chaudière de la piscine intercommunale de la Conterie, il s’agissait tout autant de répondre à notre objectif de parfaire le traitement des eaux issues de la station avant leur écoulement vers la Seiche. En effet, nous avions étudié le transit des eaux dans la Zone Humide du « Perray » et par là même validé le caractère opportun de cet espace naturel dans sa fonction de traitement biologique ultime.
En premier lieu, il s’agissait de conforter l’écosystème de la Zone Humide et d’accroître sa capacité épuratoire par phytoépuration au moyen d’une dynamique hydrologique et biologique plus active ([2]).
Ainsi, nous avions commencé les aménagements nécessaires pour développer son aptitude optimale à retenir les micro-matières organiques résiduelles après traitement en station d’épuration; ceci avec les nouvelles plantations de saules et de Miscanthus. L’objectif consistait donc à piéger les micro-polluants biodégradables ([3]). Enfin, il convenait de nous prémunir des risques de dispersion dans le milieu récepteur des métaux lourds susceptibles de déposer dans les ruisseaux et cours d’eau du réseau hydrographique de la Seiche ([4]).
En outre, la régulation des rejets azotés et du phosphore constituait bien évidemment une problématique majeure pour les membres du syndicat; ceci dans le but d’assurer la préservation de la qualité des eaux du bassin versant médian de la Vilaine.
Depuis sa création en 1999, le Syndicat Val de Seiche et d’Ise a toujours été un lieu d’excellence technologique pour allier la nécessité de dépolluer les eaux domestiques et l’utilité des expérimentations d’avenir, puis des applications d’intérêt écologique et agronomique.
 Philippe Bonnin,
ancien président du syndicat intercommunal
       Bibliographie :

« Entre terre et eaux, les fonctions écologiques des zones humides » ; Geneviève Barnaud. Séminaire technique, 87 120 NEDDE en Limousin - juin 2009.

Lien :    http://pdf.lu/4hGz/ 



([1]) –     Le Syndicat a été créé par les communes de Chartres de Bretagne, Noyal-Châtillon sur Seiche, Orgères, Pont Péan et Saint Erblon. Depuis 2010, sont également raccordées les communes du Syndicat « Bocosave » (Bourgbarré, Chanteloup, Corps-Nuds, Saint-Armel et Vern-sur-Seiche) et enfin l'usine PSA de Chartres-de-Bretagne en 2012.


([2]) –     L’été 2013, le syndicat avait fait aménager des rigoles d’écoulement qui suivaient des courbes de niveau pour assurer une répartition équilibrée des eaux dans la parcelle. L’année précédente, il a été réalisé une écluse pour la dérivation optionnelle du flux hydraulique dans la zone humide.
([3]) -      Les micropolluants concernés proviennent des matières médicamenteuses d’origine domestique, tel que les molécules antibiotiques, les perturbateurs endocriniens où encore les produits antiseptiques qui contiennent des ions métalliques. Les micropolluants constituent un risque sanitaire aévéré pour la faune aquatique des rivières et la production d’eau potable.
([4]) -      Les métaux lourds tel que le plomb et le cadmium sont présents dans les sols de Pont Péan. Dès sa création, le syndicat Val de Seiche et d’Ise s’est vu contraint de réaliser d’importants travaux pour isoler ces métaux lourds de sorte qu’ils ne se retrouvent plus dans les boues de la station d’épuration du Perray, ce qui n’était pas le cas dans l’ancienne station d’épuration communale de Pont Péan. Toutes les boues de Val de Seiche sont aujourd’hui valorisées en qualité d’amendement organique ; ce qui nécessite leur innocuité absolue.